— Chapitre 9 —

La bataille d'Arras

À l’extrémité du réseau Saint-Sauveur, l’équipe de George reçut la mission de réouvrir une sape française localisée, d’après les cartes laissées par les hommes du génie, sous les vestiges de la route de Cambrai. En quelques heures, ils rejoignirent leur objectif qui semblait intact. Depuis le sous-sol, les obus allemands tonnaient lourdement. L’adversaire était resté sur ses positions à cet endroit du front et poursuivait ses opérations contre les tranchées britanniques. Les tunneliers s’engouffrèrent dans le tunnel français pour en vérifier l’état. Hormis quelques parties fragiles, l’aspect général était plutôt bon. De nouveaux étais furent posés[1].

Suite au repli du front allemand, deux des cinq tunnels creusés à l’extrémité du souterrain Saint-Sauveur étaient désormais trop courts pour rejoindre la ligne ennemie. Les travaux à entreprendre pour les allonger allaient prendre trop de temps. Les officiers cherchaient donc à exploiter d’anciens travaux français pour créer rapidement de nouvelles sapes russes, mais n’en découvrirent finalement qu’un. De nouvelles galeries furent malgré tout commencées. Les bombardements ennemis ralentissaient toutefois leur progression et firent des dégâts sur l’une des trois sapes encore utilisables : deux entrées de I56 furent détruites et durent être reconstruites[2]. De plus en plus régulier et quotidien, le pilonnage ne permit plus de creuser. Ne pouvant réaliser leurs travaux à temps, les officiers prirent la décision de n’utiliser que les trois galeries indemnes du repli allemand : I57, I56 et I54 [Carte 10]. Les hommes devaient encore les aménager et préparer les sorties vers les lignes ennemies afin que ces trois sapes puissent constituer un point fort de l’offensive.

Carte 10. Repli allemand entre le 14 et le 16 mars 1917
(Conception et réalisation : A. Byledbal)

À Blangy, le reste de la compagnie était toujours accaparé par l’aménagement du souterrain qui, comme à Saint-Sauveur, allait emmener les soldats directement dans les tranchées adverses [Carte 10]. Depuis le tunnel principal déjà percé, une ramification fut creusée en direction du front. Par malchance, elle s’ouvrit par un petit trou dans une sape allemande. Les tunneliers observèrent l’intérieur du réseau ennemi. Tout semblait calme[3]. Le trou fut rebouché et une charge explosive d’une tonne fut placée dans la galerie néo-zélandaise, prête à être mise à feu à n’importe quel moment. Une nouvelle ramification fut ouverte depuis le tunnel principal pour contourner le réseau de sapes adverses, mais déboucha également dans une galerie ennemie[4]. Le petit accès fut là aussi dissimulé. En surface, le pilonnage adverse était équivalent à celui de Saint-Sauveur. Dans la matinée du 23 mars, lorsque l’artillerie britannique ouvrit le feu pour répondre aux tirs ennemis, elle commit une erreur d’appréciation et fit tomber un lourd mortier au milieu du no man’s land, entraînant l’effondrement du tunnel que les Néo-Zélandais construisaient. Quatre tunneliers et trois Treillis furent enterrés vivants. Un petit tunnel de secours fut immédiatement percé en parallèle de la galerie effondrée. Neuf heures plus tard, les hommes étaient sortis sans la moindre blessure. Ils devaient leur survie au tuyau d’air qui n’avait pas été coupé dans l’effondrement de la galerie[5]. Les tunneliers abandonnèrent la partie endommagée et agrandirent l’accès de secours leur permettant de communiquer avec les deux ramifications déjà préparées. Ils espéraient profiter de la connexion, pour l’instant dissimulée, de leur sape avec celle de l’ennemi pour permettre aux soldats britanniques, le jour de l’offensive, d’entrer dans le système souterrain allemand et ainsi de gagner leurs tranchées.

À Arras, le système Ronville fut abandonné du plan d’attaque. Toutefois, il pouvait toujours cantonner les troupes et cacher leur arrivée massive. Le logement d’environ 9 500 hommes était possible dans cette partie du souterrain. La plus grande de toutes les cavités, la carrière Christchurch, pouvait accueillir à elle seule plus de 4 000 soldats. Le réseau Saint-Sauveur, constitué de caves plus petites, ne pouvait en loger que 2 000. Au total, près de 11 500 hommes pouvaient être cantonnés à l’est de la ville. Un nombre tout aussi important trouverait place dans les profondes caves autour des places et dans les rues adjacentes. Le repli adverse avait toutefois retiré aux Britanniques l’effet de surprise qu’ils voulaient donner à leur attaque le long du front à l’est de la cité. La plupart des soldats devraient affronter la terrible traversée du no man’s land. Pour soutenir les troupes moins nombreuses qui, depuis les sapes russes, passeraient dans les lignes ennemies, les tunneliers préparèrent des nids de mitrailleuse et des emplacements de mortier de tranchée depuis les trois tunnels à l’extrémité du réseau Saint-Sauveur. Des trous furent forés dans les plafonds de I56 et de I54. Des charges d’explosif placées dans ces orifices formeraient, après mise à feu, une tranchée de communication. Ces travaux étaient menés alors que les raids et les bombardements se poursuivaient en surface[6]. I56 connut de nouveaux dommages. L’explosion d’un mortier de tranchée britannique souffla la galerie que les tunneliers durent réparer sans attendre. Les anciennes sapes I50 et I51, abandonnées suite au retrait allemand, furent ouvertes vers la surface dans les nouvelles tranchées britanniques aménagées dans l’ancien no man’s land.

Lofty et Sharkey travaillaient à l’installation de portes anti-gaz à l’intérieur de l’immense souterrain d’Arras. Posées à toutes les entrées des carrières et des tunnels de l’ensemble du système, ces portes préviendraient de l’utilisation d’armes chimiques par les Allemands et éviteraient ainsi la propagation de gaz plus lourds que l’air, dans le sous-sol. Pas moins de 110 portes furent mises en place. À partir du 3 avril, l’ensemble de la ville souterraine fut alimenté en électricité et la lumière fournie en continu[7]. À cette occasion, une unité d’infanterie de la 12e division effectua un test de déplacement à travers les carrières. Depuis les caves de la Grand place, elle réussit à rejoindre les premières lignes, sans problème, en une heure. La plupart des tunneliers qui travaillaient sur le front, furent rappelés dans le cantonnement arrière de la compagnie à Agnez-lès-Duisans, un village situé à l’ouest d’Arras, durant la nuit du 3 au 4 avril. Leur travail était maintenant terminé. L’artillerie britannique lança un important bombardement à partir du 4 avril à 6 heures 30[8]. Les tranchées allemandes furent bombardées d’obus, pilonnées de mortiers, mitraillées et gazées sans aucun répit. L’ennemi n’avait désormais plus aucun doute qu’une offensive allait avoir lieu.

Le 8 avril 1917, les préparatifs s’accélérèrent. À Blangy, les tunneliers dégagèrent les blocs de craie qui camouflaient la trouée vers la galerie allemande. Seule une fine paroi fut laissée. Sous la route de Cambrai, les hommes continuaient l’installation des charges explosives. Dans la soirée, les Britanniques envoyèrent des obus chimiques sur les tranchées adverses. Quelques-uns explosèrent près des têtes des galeries I57 et I56 les envahissant de gaz. Les tunneliers durent se retirer. Alors que l’offensive était prévue pour le lendemain matin, les deux sapes russes étaient inaccessibles. Peu avant minuit, quelques sapeurs reçurent l’ordre d’enlever quelques mines placées dans les plafonds et de percer les orifices vers la surface. Ils tentèrent de créer un courant d’air naturel pour chasser les gaz mortels. L’opération fonctionna et les tunneliers accédèrent de nouveau aux deux sapes quelques heures avant le lancement de l’offensive.

Au matin du lundi de Pâques, le 9 avril, seules les 2e et 3e sections furent à l’œuvre dès 4 heures 30. Le reste de la compagnie fut cantonné au camp d’Agnez-lès-Duisans. La majorité des tunneliers avaient été affectés sous Arras pour surveiller, inspecter et réparer les galeries, les plafonds des carrières, les sorties vers la surface, les portes anti-gaz ainsi que tout autre problème dans les égouts et les caves. Un petit groupe avait été envoyé sur le front. Tous les emplacements de mitrailleuse et de mortier de tranchée de chaque galerie sous la route de Cambrai furent ouverts[9]. Les pièces d’artillerie et les munitions furent installées. Au même moment, les trois sorties dans le no man’s land furent dégagées[10]. Le temps n’était pas clément et le froid envahissait les tunnels. Le ciel s’était couvert durant la nuit. Il avait d’abord plu, avant que la neige fasse son apparition. Le long du front, les soldats britanniques se massaient dans les tranchées depuis Vimy, au nord, jusqu’à Croisilles, au sud-est d’Arras. Certains rampaient déjà dans le no man’s land[11]. D’autres prirent position dans le souterrain à Blangy et aux entrées de I57, I56 et I54 à Saint-Sauveur. Les tunneliers se tinrent prêts pour la mise à feu des différentes charges.

À 5 heures 30 précise, l’explosion de la mine à Blangy ainsi que celle des charges situées dans les plafonds de I56 et I54 donnèrent le signal aux soldats dans les tranchées pour s’élancer vers les lignes ennemies. À Blangy, les tunneliers ouvrirent l’accès dans le système souterrain allemand et les premières troupes s’y engagèrent. L’explosion de la mine dans l’autre partie du tunnel avait attiré l’adversaire plus au nord, si bien que les Britanniques investirent les sapes et remontèrent rapidement vers la surface. Depuis l’une des sorties, un groupe de tunneliers commençait le creusement d’une tranchée vers le cratère formé par l’explosion de la mine afin de faciliter le passage des hommes vers le front ennemi[12]. À Saint-Sauveur, les tunneliers connurent plus de difficultés. Les charges qui devaient faire effondrer les deux sapes les plus au sud, formèrent deux sillons plus importants que prévus. Elles avaient créées en I56 un cratère de 3 mètres de profondeur, de 9 mètres de large et de 15 mètres de long. L’explosion devant les tranchées allemandes, plus violente, détruisit la sape sur 4,5 à 6 mètres de long. En I54, le sillon se développa sur près de 50 mètres de long et sur une largeur de 13,4 mètres pour une profondeur de 3,65 mètres. Les accès depuis le sous-sol étaient impraticables. Les tunneliers durent les percer à nouveau. Les travaux étant plus conséquents, ils perdirent du temps et retardèrent l’ouverture en I57. Trente minutes après le début de l’attaque, celle-ci fut la première dégagée. Il était pourtant déjà trop tard. Le succès de l’attaque en surface était tel que les sapes russes n’étaient plus nécessaires. Les tunneliers poursuivirent malgré tout leur mission. À 6 heures 15, ils donnèrent un accès vers la surface à I56 et le long cratère fut connecté à la tranchée allemande qui venait d’être capturée. La même opération fut faite en deux heures du côté de I54, mais l’accès ne servit jamais. Les troupes britanniques avaient déjà fait une percée dans la plaine d’Arras.

Avec le début de la bataille d’Arras, les hommes des 2e et 3e sections inspectèrent chaque recoin des galeries et des carrières, récupérant les affaires laissées ou oubliées par les soldats partis à l’assaut ou peut-être déjà morts[13]. Ils veillaient aussi sur la ville souterraine et notamment le réseau électrique. Les différents générateurs fournissant l’électricité, étaient régulièrement alimentés en essence afin de fonctionner en continu, notamment du côté Saint-Sauveur et dans l’hôpital souterrain. Les 1re et 4e sections furent envoyées sur la route de Cambrai, axe majeur vers les lieux des combats, pour en débuter sa réfection. Les tunneliers qui, pour le moment, n’étaient plus d’aucune utilité sous terre, se virent donc confier des travaux du génie. Comme nombre de leurs compagnons, Lofty et Sharkey œuvrèrent sous la neige[14]. Aux températures très froides vint s’ajouter la découverte d’une mine allemande sous la route le 11 avril[15]. La charge était située au fond d’une longue galerie dont l’entrée se trouvait dans l’ancienne première ligne allemande. Avec beaucoup de précaution, quelques tunneliers entrèrent à l’intérieur du système souterrain et découvrirent près de trois tonnes d’explosif qu’ils désamorcèrent sans problème.

Le 12 avril, toutes les sections furent réunies sur la route de Cambrai. Certains tunneliers, qui travaillaient sans arrêt depuis plusieurs jours, furent envoyés se reposer au cantonnement arrière. Pour les autres, le travail commença dès 5 heures et dura jusqu’à 21 heures. La neige tombait toujours en abondance et malgré les conditions très difficiles, l’ancienne chaussée reprit peu à peu forme. Les Allemands continuaient à bombarder violemment le secteur si bien qu’un soldat britannique avait parsemé le chemin de petits écriteaux humoristiques. Lorsque George l’avait emprunté depuis Arras le matin même, il avait d’abord aperçu un panneau où était écrit « Courez à partir d’ici », sur un autre situé un peu plus loin, il avait pu lire « Courez plus vite » et en approchant de l’intersection avec la route de Feuchy, l’endroit le plus proche des combats, un dernier indiquait « Sauve qui peut »[16] ! Le message n’était pourtant pas qu’une plaisanterie et devait être pris au sérieux. Les troupes britanniques de la 12e division étaient dorénavant à plus de six kilomètres d’Arras et avaient capturé le village de Feuchy, au nord de la route de Cambrai, dans la soirée du 10 avril. Toutefois, les Allemands contrôlaient encore de nombreuses portions de leurs tranchées entre Feuchy et la chaussée où travaillaient les Néo-Zélandais. Le secteur continuait donc d’être la cible d’intenses tirs. Le 13 avril, le lieutenant Metcalfe fut tué par des éclats d’obus au croisement des routes de Cambrai et de Feuchy. Les travaux se poursuivirent malgré tout et la neige laissa place à la pluie. Le lendemain, George fut envoyé en permission, mais le malheureux se tordit la cheville à peine débarqué de l'autre côté de la Manche et fut envoyé à l'hôpital.

Les soldats britanniques conquirent le village de Monchy-le-Preux, à une dizaine de kilomètres à l’est d’Arras, mais la voie principale était toujours ardemment pilonnée. Le 19 avril, l’explosion d’un obus tua le sapeur Fahey et envoya le sapeur Adams à l’hôpital. Les Allemands accentuèrent leur bombardement le lendemain et le poursuivirent jusqu’au 22 avril, blessant encore un tunnelier. Ils tentèrent de reprendre Monchy-le-Preux, mais le régiment royal du Newfoundland tint ses positions jusqu’à l’arrivée de renforts de la 29e division. Un kilomètre plus au sud, des hommes de la 30e et de la 50e division d’infanterie britannique attaquèrent le 23 avril et réussirent à avancer jusqu’au village de Guémappe au prix de lourdes pertes. Ils contraignirent l’adversaire à reculer hors de portée de tir de la portion de route où œuvraient les Néo-Zélandais. Les conditions climatiques s’améliorèrent nettement et de belles journées ensoleillées accompagnèrent enfin les tunneliers[17]. La réparation de la chaussée avança plus vite d’autant plus que des engins de chantier furent mis à la disposition de la compagnie.

Le recul des lignes allemandes permit de découvrir dans le parc du château d’Immercourt, à Saint-Laurent-Blangy, la tombe du lieutenant Durant et du sergent Pownceby, disparus lors de l’assaut britannique du 14 septembre de l’année précédente. La sépulture avait été réalisée avec soin et régulièrement entretenue par l'adversaire. Une croix blanche avait même été installé où pouvait être lue l’inscription : « Ici reposent quatre braves Anglais : lieutenant Durant, deux sous-officiers et un soldat »[18]. À l’annonce de cette découverte, Jim qui était revenu de l’hôpital et qui avait fait partie du raid vers les tranchées allemandes la nuit de la disparition du lieutenant Durant et du sergent Pownceby, vint se recueillir avec une vive émotion sur leur tombe.

Les troupes britanniques ne gagnaient désormais plus de terrain. Faute de renfort, le succès initial de la bataille ne perdura pas. De nouvelles lignes britanniques s’établirent au pied de la colline, à l’est de Monchy-le-Preux. Les officiers de la compagnie furent frustrés de cette situation d’autant que l’immense travail réalisé sous Arras n’avait pas pleinement joué son rôle. Les soldats avaient dû traverser le no man’s land, excepté à quelques endroits du front comme à Saint-Sauveur, Blangy ou encore Vimy. Malgré tout, l’offensive permit de mettre Arras, qui subissait des bombardements depuis octobre 1914, hors de portée de tir. Au-delà des 20 000 prisonniers et de la saisie d’un immense stock d’armes, la réussite britannique était toutefois à relativiser par rapport aux pertes qui suivirent le 9 avril. Les combats qui ne durèrent que 39 jours, coutèrent la vie à plus de 4 000 hommes par jour. Du côté français, l’offensive lancée le 16 avril 1917 sur le chemin des Dames fut un échec immédiat. L’avancée qui devait permettre de s’emparer de Laon, situé à une vingtaine de kilomètres derrière les lignes allemandes, ne perfora même pas les tranchées adverses. Les pertes furent catastrophiques et à l’origine des mutineries.

L’immense abri souterrain créé par les Néo-Zélandais ne fut que le premier ouvrage d’une longue série qui suivit la bataille d’Arras. La fortification des nouvelles positions britanniques était primordiale maintenant que les deux camps se retrouvaient retranchés face à face devant Monchy-le-Preux. Les Néo-Zélandais n’avaient pas prévu de reprendre le combat sous terre. Ils n’étaient pas les seuls. La plupart des membres des compagnies de tunneliers sur le front d’Arras avaient pensé que l’offensive renouerait avec le mouvement et apporterait, pourquoi pas, les prémices de la fin des hostilités[19]. L’établissement des nouvelles lignes de front, désormais tenues à distance respectives, n’incita pas les tunneliers à reprendre la lutte en sous-sol. La bataille d’Arras marqua ainsi la fin de la guerre souterraine sur le front autour de la cité et, plus au nord, à Vimy.

Début mai 1917, une partie de la 4e section commença à transformer en cantonnement des cavités qui venaient d’être mises au jour à la chapelle de Feuchy, sous le croisement des routes de Cambrai et de Feuchy, ainsi qu’au lieu-dit Les Fosses, sous les ruines d’une ferme située le long de la chaussée de Cambrai, à proximité de Monchy-le-Preux. Les hommes ne retournèrent plus à Arras et furent logés, à proximité du front, dans des abris abandonnés par les Allemands, tandis que le reste de la compagnie achevait la réfection de la route de Cambrai. Les tunneliers avaient déjà reconstitué plus de 12 kilomètres de chaussée dont près de huit permettant le passage de véhicules légers et cinq pour les véhicules lourds. Les derniers travaux furent effectués durant le mois de mai, alors que peu à peu tous les hommes étaient transférés sur le front pour commencer divers aménagements souterrains. Bien que la remise en état de cet axe de communication majeur vers le front n’ait pas été destinée à profiter en premier aux tunneliers, il avait néanmoins son importance. Cette voie rectiligne allait faciliter le transport du matériel vers les différents sites de construction des futurs ouvrages souterrains des tunneliers. La compagnie s’apprêtait en effet à prendre possession d’un secteur de près de 10 kilomètres carrés, s’étendant entre les villages de Gavrelle au nord et de Guémappe au sud, de Monchy-le-Preux à l’est et de Tilloy-lès-Mofflaines à l’ouest ; la Scarpe séparant la zone de travail en deux au niveau du village de Fampoux. Devant l’étendue de la zone de travail et la multiplication rapide des aménagements souterrains, les officiers choisirent une logistique aussi précise qu’efficace.

Notes

1. Archives nationales du Royaume-Uni, WO 95/407, Journal de guerre de la compagnie de tunneliers néo-zélandais, 19 mars 1917, « Sur la ligne de front, un petit tunnel avait été creusé par les Français sous la route de Cambrai. L’ouvrons et l’étayons de nouveau. »

2. Ibid., 20 mars 1917, « 2 entrées furent détruites durant un bombardement d’artillerie et devront être réparées. »

3. Ibid., 17 mars 1917, « I70a déboucha sur une galerie allemande par un petit trou, mais une boîte put être observé dans leur tunnel ».

4. Ibid., 23 mars 1917, « Une trouée fut faite dans une galerie allemande ».

5. Ibid.

6. Ibid., 29 mars 1917, « Les travaux furent retardés de I54 à I57 par les tentatives d’assaut de notre infanterie et les bombardements qui en résultaient. »

7. Ibid., 4 avril 1917, « Avions commencé l’alimentation en lumière électrique des égouts, du réseau Saint-Sauveur et de la carrière transformée en hôpital […] Fournissions et maintenions le système de lumière électrique et les lampes à huile de secours dans les systèmes complets de RONVILLE, ST SAUVEUR et des égouts ainsi que dans la carrière-hôpital. »

8. Jonathan Nicholls, Cheerful Sacrifice, The Battle of Arras 1917, Barnsley, Pen & Sword Military, 2005, p. 32, « Mené grâce à des milliers de mortiers de tranchée légers, moyens et lourds, d’incessants et puissants tirs de barrages de mitrailleuses, ce serait le plus grand bombardement d’artillerie que le monde ait jamais connu. »

9. Archives nationales du Royaume-Uni, WO 95/407, Journal des tunneliers néo-zélandais…, op. cit., 9 avril 1917, « Les emplacements de mitrailleuse en I70, I57, I56 et I54 furent ouverts au environ de 4 heures 30. »

10. Ibid.

11. Jonathan Nicholls, Cheerful Sacrifice…, op. cit., p. 75.

12. Archives nationales du Royaume-Uni, WO 95/407, Journal des tunneliers néo-zélandais…, op. cit., 9 avril 1917, « Une autre équipe commença le creusement d’une tranchée depuis la sortie gauche de I70 vers le cratère formé par l’explosion de la mine. »

13. Ibid., 10 avril 1917.

14. James Campbell Neill, The New Zealand Tunnelling Company, 1915-1919, Auckland, Whitcombe & Tombs, 1922, p. 82, « Le temps glacial, la neige et la boue ont rendu le travail tout sauf agréable ».

15. Archives nationales du Royaume-Uni, WO 95/407, Journal des tunneliers néo-zélandais…, op. cit., 11 avril 1917, « La mine située sous la route d’Arras-Cambrai fut désamorcée ».

16. James Campbell Neill, The New Zealand Tunnelling Company…, op. cit., p. 82.

17. Ibid., p. 83, « Vers la fin avril et le début mai, le temps est devenu agréable et même chaud. Le printemps s’accompagnait du réveil de la nature et de fleurs à nos yeux de gars du sud émerveillés. Et l’avance britannique avait contraint l’artillerie allemande à reculer presque hors de portée de feu de la route. »

18. Archives nationales du Royaume-Uni, WO 95/407, Journal des tunneliers néo-zélandais…, op. cit., 22 avril 1917.

19. Herbert W. Graham, The Life of a Tunnelling Companies, Being an intimate Story of the Life of the 185th Tunnelling Company Royal Engineers, in France, during the Great War, 1914-1918, Hexham, J. Catherall & Co., 1927, p. 182-183.